mardi, février 07, 2006

Revue de presse

Petit tour des articles les plus envoyes au sein de la communaute francophone de Pologne. Evidemment relatifs au nouveau gouvernement.
Petit tour du traitement de l'actu polonaise par la presse francaise.
Une question quand meme : quand l'Autriche faisait entrer Haider dans son gouvernement, plethore de reactions. Quand Varsovie convoque et la ligue des familles polonaises et SamooBrona : rien. Ou presque.
Pourquoi ?


  • 3 articles : #1 : Le Monde, 2 articles (1 & 2), 1 edito.
  • 1 article : #2 : le Figaro , l'Huma, Libe
  • 0 article : #3 : , Le Parisien, Courrier International, l'Obs, L'Express, 20 minutes, Metro : 0 article.

In extenso donc, l'article de Liberation, toujours par l'excellente Maja Zololtowska.

La sainte trinité au pouvoir en Pologne

Conservateurs, populistes et extrême droite catholique s'allient pour gouverner.
par Maja ZOLTOWSKA in Liberation, samedi 04 février 2006
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Après quatre mois de tergiversations, les conservateurs au pouvoir en Pologne ont conclu une alliance avec le parti populiste Samoobrona («autodéfense») et les nationalistes d'extrême droite catholique de la Ligue des familles polonaises (LPR). Le gouvernement minoritaire de Kazimierz Marcinkiewicz voit ainsi s'éloigner le spectre d'élections anticipées. Les trois partis disposent de 248 députés sur 460 à la Diète (Chambre basse). En douze mois, durée de ce pacte, ils comptent adopter 153 lois sur lesquelles ils se sont mis d'accord.
Le pacte scelle une alliance informelle qui a permis au parti des jumeaux Kaczynski, Droit et Justice (PiS), d'installer le gouvernement Marcinkiewicz puis d'adopter le budget 2006. Il marque aussi le divorce définitif avec les libéraux de la Plate-Forme civique, l'alliée «naturelle» des conservateurs avant la brouille lors des élections de l'automne dernier.
«L'accord met un terme à une crise parlementaire, s'est félicité le président du PiS, Jaroslaw Kaczynski, entouré de ses nouveaux partenaires Andrzej Lepper, le patron de Samoobrona, et Roman Giertych, celui de la LPR, mais il signifie un changement radical, une grande épuration de l'Etat, une nouvelle politique économique qui tiendra compte des laissés-pour-compte.» «Il permettra de renforcer la position de la Pologne, a-t-il ajouté, la défense de nos intérêts nationaux sera quotidiennement à l'ordre du jour et nos partenaires devront en prendre note.»
Boycott. L'annonce a donné lieu à un scandale. Les conservateurs n'ont invité à la cérémonie de signature que Radio Maryja, la télévision Trwam («je perdure») et le journal Nasz Dziennik, les trois médias du très nationaliste groupe de presse du père Tadeusz Rydzyk, considéré comme le parrain de la coalition. Les autres médias, que le père Rydzyk dénonce comme «libéraux», ont été informés plus tard, lors d'une conférence de presse ouverte à tous. Indignés par ce traitement inégal, la quasi-totalité des journalistes ont boycotté la conférence, déposant à l'entrée micros et caméras.
Un député du PiS, Marek Suski, a expliqué ainsi le choix des médias du père Rydzyk : «Ils sont peut-être plus crédibles que d'autres.» «Ce sont les hommes politiques qui ne respectent pas les normes», s'est indigné Jan Dworak, le président de la télévision publique. Selon les analystes, Jaroslaw Kaczynski, qui doit en partie la victoire aux législatives de septembre et à la présidentielle un mois plus tard aux auditeurs de Radio Maryja, voulait ainsi payer sa dette. Il risque toutefois de perdre une partie des électeurs conservateurs qui n'apprécient guère les dérapages et le ton extrémiste de la radio.
Les membres du gouvernement et du PiS sont régulièrement invités dans ces trois médias, qui n'ont la bénédiction ni de l'épiscopat ni même du Vatican. Et ceci malgré une mise en garde lancée il y a trois semaines par le nonce apostolique chargé des médias, enjoignant le père Rydzyk de ne pas se mêler de la vie politique. Un rappel à l'ordre resté pour le moins sans effet.
«Humiliante». «Ce pacte est une honte, a commenté le journal de centre gauche Gazeta Wyborcza, les nouveaux alliés veulent limiter la démocratie et faire gonfler le budget de manière catastrophique.» «Au sein du PiS, il y a en outre beaucoup de gens honnêtes préoccupés par l'injustice sociale, ajoute-t-il. Parviendront-ils à avaler cette alliance humiliante en acceptant que la fin justifie les moyens ?»
Lepper et Giertych devront toutefois se contenter d'être des partenaires formels des Kaczynski, Jaroslaw le chef du parti, et Lech le chef de l'Etat. Aucun des deux n'entrera au gouvernement. En attendant d'éventuels changements, le poste de vice-Premier ministre reste occupé par une ex-star des libéraux, Zyta Gilowska, chargée début janvier du ministère des Finances.

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